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Lu: Boule de Suif

Guy de Maupassant: Boule de Suif (1880). feedbooks.com
Guy de Maupassant (1850-93) était un écrivain francais, connu surtout pour ses nouvelles (ou "contes"), dont Boule de Suif, que je viens de lire. C'est la première de ses histoires que j'ai lu, mais surement pas la dernière.

Pendant l'hiver, 1870-71, durant la guerre franco-prussienne, la ville de Rouen (Normandie) est envahie par les Prussiens. Pour fuir l'occupation, un groupe de dix personnes prend la diligence de Dieppe : un couple de commerçants, un couple de bourgeois, un couple de nobles, deux religieuses, un démocrate et enfin l'héroïne, Élisabeth Rousset, une prostituée surnommée Boule de Suif à cause de son embonpoint.
Le voyage s'annonce difficile, la diligence n'avance pas. Les voyageurs ont faim et seule Boule de Suif a pensé à emporter des provisions, qu'elle partage généreusement. Les voyageurs font étape dans une auberge à Tôtes, occupée par les Prussiens. Pour pouvoir passer, Boule de Suif doit livrer son corps à un Prussien, mais elle refuse. Poussée jusqu’à sa fin par les neuf autres voyageurs, elle accepte. Le lendemain, l'officier Prussien les laisse partir. Continuant leur route, les voyageurs ignorent et méprisent Boule de Suif qui, étant occupée, n'a pas pu faire de provisions alors que les autres avaient préparé leur déjeuner. Aucun d'eux ne donnera ne serait-ce qu'un petit morceau de pain à la jeune fille. L'espace clos de la diligence fait ressortir l'hypocrisie et la bassesse des bourgeois. L'histoire se termine sur Boule de Suif en larmes.

Cette histoire m'a beaucoup touchée. La méchanceté des gens "civilisés" (dont les deux religieuses) contre la "basse" prostituée, qu'ils ont d'abord utilisés et après abandonnés et méprisés, est quelque chose qu'on voit trop aujourd'hui même. Pourtant, Boule de Suif est la seule personne (sauf le démocrate) qui a des principes quelconques - dans ce cas, la patriotisme. Mais son refus de coucher avec un representant de l'envahisseur est vaincu par l'insistance des autres voyageurs, manquant d'autres principes que ceux de la commerce et le status social.
En somme, cette nouvelle est tragique, pessimiste ... et trop réaliste pour être ignorée. 

Cameroun: Roger Jean-Claude Mbede

L'arrestation en mars de Roger Jean-Claude Mbede, le verdict de culpabilité prononcé à son encontre, ainsi que sa condamnation à trois ans de prison pour homosexualité représentent une grave violation des droits à la liberté d'expression et à l'égalité, pourtant garantis par la constitution camerounaise, ont déclaré trois organisations des droits de l'homme dans un courrier adressé à trois hauts représentants du gouvernement camerounais.
L'article 347 bis prévoit que toute personne ayant « des rapports sexuels avec une personne de son sexe » risque jusqu'à cinq années d'emprisonnement. M. Mbede a été condamné après avoir reconnu son orientation sexuelle pendant sa garde à vue dans les locaux de la police. Or la loi sur l'homosexualité ne respecte pas les traités internationaux sur les droits humains qui, comme le définit la constitution camerounaise, doivent être directement appliqués dans le pays.

M. Mbede a envoyé un SMS à une connaissance pour convenir d'une rencontre le 2 mars 2011. Lorsqu'il est arrivé sur place, cette personne était accompagnée de policiers, qui l'ont placé en garde à vue. La police a interrogé M. Mbede, qui a admis être homosexuel. Selon la loi camerounaise, une personne ne peut être retenue en garde à vue plus de 48 heures sans être inculpée. M. Mdebe est resté sept jours à la gendarmerie du SED de Yaoundé avant d'être inculpé et transféré à la prison centrale de Yaoundé.
Il a comparu trois fois devant le Tribunal de première instance de Yaoundé. Le 28 avril, il a été reconnu coupable et condamné à trois ans d'emprisonnement. M. Mbede purge actuellement sa peine à la prison centrale de Yaoundé. Pour les militants camerounais, la sécurité physique de M. Mbede est menacée en raison de son orientation sexuelle.
« Le système pénal camerounais ne parvient pas à faire respecter les droits fondamentaux des personnes », a déclaré Yves Yomb de l'organisation Alternatives-Cameroun. « Dans d'autres cas, une simple accusation par un tiers peut être retenue comme soi-disant 'preuve' . L'existence de cette loi et son utilisation avec une telle impunité bafouent les libertés civiles dans le pays. »

En 2010, quatre organisations de défense des droits humains ont publié conjointement un rapport rassemblant des preuves sur les nombreuses violations des droits fondamentaux auxquelles les lesbiennes, les homosexuels et les bisexuels sont confrontés au Cameroun. Ce rapport traite de la détention arbitraire, du mépris du droit et de la condamnation sans preuve en application de l'article 347 bis. Il présente des cas d'abus sur des personnes placées en détention, avant le procès et en prison, par les membres de la police ou du personnel carcéral, dont des passages à tabac, des violences verbales et des actes de torture. Par ailleurs, des courriers adressés par des prisonniers aux autorités pour dénoncer les abus commis par les gardiens restent toujours sans réponse.
Les autorités pénitentiaires divulguent souvent aux autres prisonniers l'orientation sexuelle présumée des individus emprisonnés en application de l'article 347 bis. S'ensuivent alors constamment des menaces, de la violence et des insultes à l'encontre de ces derniers. Dans le rapport, il est donné l'exemple de prisonniers présumés homosexuels qui ont été battus et agressés sexuellement par des codétenus, sans avoir reçu la protection des membres du personnel carcéral, qui allaient jusqu'à encourager cette violence.

Human Rights Watch 17.5.11


Sénégal : Une loi encourage la violence contre les homosexuels

Dakar (HRW, le 30 novembre 2010). La loi sénégalaise qui criminalise les relations sexuelles librement consenties entre adultes est discriminatoire et encourage tant la police que les citoyens ordinaires à commettre des abus envers les homosexuels au Sénégal, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui. Human Rights Watch a demandé l'abrogation de cette loi, l'article 319.3 du Code pénal sénégalais, et a exhorté le gouvernement à protéger tous les membres de la société, quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur manière d'exprimer leur identité sexuelle.
Le rapport de 101 pages, intitulé « Craindre pour sa vie : Violences contre les hommes gays et perçus comme tels au Sénégal » (« Fear for Life: Violence Against Gay Men and Men Perceived as Gay in Senegal ») contient des entretiens avec des dizaines de personnes sénégalaises victimes de menaces et d'actes de violence de la part de la police ou d'autres membres de la communauté. Le rapport se penche tout particulièrement sur deux incidents : la manière dont un mariage gay a été traité comme un scandale en février 2008, et l'arrestation de neuf homosexuels dans le village de Mbao en décembre 2008. Le rapport examine également plusieurs autres cas montrant de quelle manière les arrestations pratiquées par la police en vertu de l'article 319.3 attisent la peur et la suspicion.
Le premier épisode examiné en détail par Human Rights Watch a débuté en février 2008, lorsque le magazine à ragots mensuel sénégalais Icône a publié une vingtaine de photographies prises lors d'une fête en 2006 en prétendant que les protagonistes étaient des homosexuels qui participaient à la cérémonie d'un mariage gay. Malgré l'absence de quelque preuve que ce soit d'un comportement homosexuel sur les images ou ailleurs, la police a arrêté plusieurs des hommes présents sur les photos. Ils ont été relâchés peu de temps après, mais un tollé de l'opinion publique, alimenté par des réunions religieuses, des sermons, une couverture médiatique à la recherche du sensationnel, a donné naissance à un torrent de menaces et d'agressions au cours des mois qui ont suivi, poussant de nombreux homosexuels à se cacher ou à fuir.
En décembre 2008, quelques jours seulement après que le Sénégal a accueilli une conférence sur le VIH/SIDA, la police a arrêté neuf membres d'AIDES Sénégal, une association de lutte contre le VIH/SIDA, les accusant de se livrer à un comportement homosexuel. Ils ont été condamnés par un tribunal à huit ans de prison, une fois encore en l'absence de preuves. Même si ces hommes ont été relâchés en avril 2009, beaucoup ont perdu leur emploi, ont été isolés de leur famille et de leur communauté, et doivent aujourd'hui se battre pour survivre.
Les Sénégalais interrogés par Human Rights Watch ont raconté avoir été insultés, frappés, déshabillés, menacés et torturés en prison, ou encore avoir été agressés et victimes de chantage de la part de membres de la communauté, sans aucune possibilité d'avoir recours à la justice ou à la protection de la police, d'autres membres de la communauté ou de dirigeants religieux. Ceux qui sont arrêtés et confrontés aux abus de la police doivent également faire face à la violence du public une fois relâchés. Human Rights Watch a découvert que la police, à plusieurs reprises, n'avait pas protégé des personnes victimes de justiciers violents ou de menaces violentes en raison de leur orientation ou de leur expression sexuelle.

Voir aussi: Antigay Violence on the Rise in Senegal (The Advocate 30.11.10)

Iran: Stéphane Reza et Ehsan Behrooz

Dans une tentative d'enrayer la progression du christianisme, les autorités iraniennes interdisent aux convertis d'origine musulmane d'expliquer à leurs compatriotes pourquoi ils ont quitté l'islam. Les contrevenants risquent de lourdes peines de prison.
Selon le Farsi Christian News Network, 15 chrétiens d’origine musulmane ont été arrêtés à Mashad le 18 juillet 2010, alors qu'ils se rendaient à Bojnoord, une ville au nord-est du pays, où ils espéraient rencontrer d'autres chrétiens. La police de sécurité a fait sortir les 15 occupants de leur minibus et les a conduit dans ses locaux pour les interroger. Après une semaine, 13 ont été relaxés contre le paiement d'une caution et la signature d'un document dans lequel ils s'engagent à ne pas faire état de leur croyance.
Dans la République islamique d'Iran, ce sont avant tout les chrétiens convertis de l'islam qui subissent les pressions des autorités.
Stéphane Reza et Ehsan Behrooz auraient refusé de signer ce document et sont toujours détenus. La police a perquisitionné l'appartement de Eshan Behrooz et a saisi des ordinateurs et des livres. Cet étudiant de 23 ans est membre d'une communauté chrétienne de Mashad. Stéphane Reza, 48 ans, est marié et père de deux enfants. Sa famille n'a reçu ni information, ni possibilité d'entrer en contact.
Située à 850 kilomètres à l'est de Téhéran, la ville de Mashad compte 2,5 millions d'habitants. C'est un important centre religieux de l'islam chiite où se rendent chaque année plus de 100.000 pèlerins musulmans.
  • Remercions Dieu pour le courage et la détermination de Stéphane Reza et Ehsan Behrooz
  • Prions pour qu'ils soient encouragés et finalement relâchés. Prions aussi pour leurs 13 compagnons libérés, mais sous surveillance policière
  • Prions enfin pour les chrétiens d'origine musulmane en Iran. Malgré le danger que cela représente, ils se retrouvent régulièrement dans les églises de maison

Attali sur notre responsabilité sociale

L'écrivain Jacques Attali écrit sur son blog un article nommée Un scandale français (version anglaise: A French scandal), datée 13.10.09. Quelques éxtraits:
Dans ce beau pays, nous parlons beaucoup de solidarité, nous nous glorifions de notre « modèle social français », parce que nous finançons par nos impôts et nos cotisations sociales ce que nous croyions etre notre devoir envers les plus faibles.
En réalité, nous ne sommes pas vraiment solidaires. Nous avons confié à l’Etat le soin de réparer les dommages de la vie, de la maladie à l’accident de travail. Mais notre empathie, notre altruisme, s’est émoussé, remplacé par une bonne conscience fiscale. En réalité, nous ne sommes plus du tout concernés par le sort de ceux dont nous finançons la prise en charge. Nous préférons ne pas les voir, laissant d’autres s’en occuper. Même s’il s’agit de nos proches.
De plus, nous ne vérifions pas nous-mêmes que ces structures publiques, ces gens que nous avons chargé de dépenser nos impôts, sont véritablement efficaces, et humains ; et nous déléguons aussi à d’autres gens, que nous payons pour cela, la responsabilité de contrôler la réalité de notre action sociale. [...]
Une société qui n’est pas loyale avec ses membres les plus fragiles est perdue ; une société qui confie à l’Etat non seulement le soin de protéger les plus faibles, mais aussi celui de les distinguer , de leur parler, de les écouter, de les comprendre, est déjà, qu’elle le veuille ou non, une société totalitaire. Et plus encore, une société qui a perdu la capacité de s’indigner est en fait résignée à ce totalitarisme ; même si s’y maintient, pour un temps, l’apparence de la démocratie.
On peut distinguer le même tendence ici en Finlande. Je suis d'accord qu'on confie à l'état et aux municipalités le soin des plus faibles, un soin que nous autres financions par nos impots. Mais nous ne pouvons pas payer pour renoncer notre responsabilité - nous autres citoyens sommes toujours responsables de ce que la société fait en notre nom !
Merci, M. Attali, pour nous apprendre ce lecon!

Julbloggpaus!

God jul!

Hyvää joulua!

Merry Christmas!

Joyeux Noël!

Fröhliche Weihnachten!

Head Jõulupühi!

Thanks to MadPriest!

L'anecdote de la semaine : Choc culturel

Le plus grand choc culturel de mon temps comme étudiant d'échange ne venait pas en France, mais en retournant en Finlande. Tout ce qui était si normale à la maison, ne l’était plus!
Un exemple. Quand je suis allé dans un magasin la prémiere fois après mon retour en Finland, je disais “Bonjour!” en entrant. Tout le monde m’a regardé bizarrement, et j’ai compris: “Ah oui, c’est la Finlande!” J’éssayais de nouveau: “Päivää!” Toujour ces regardes bizarres. “Ah oui, c’est la Finlande - on ne dit rien en entrant dans un magasin!”

L'anecdote de la semaine : Des cigognes et des bébés

L’Alsace, c’est le pays des cigognes. Pour moi, c’était quelque chose de très éxotique.
Un pasteur de ma connaissance m’a demandait si les cigognes viennent avec les bébés en Finlande aussi. J’ai répondu: “Oui, en principe. Mais il n’y a pas des cigognes en Finlande, qui est trop au nord. Donc, il faut qu’on fasse du sexe.”

L'anecdote de la semaine : Un étranger étrange

Après peut-être un mois d'étude en France, j’ai assisté à un culte (c.-à-d. un service divin protestant, pas une secte!), et on m’a demandé de dire quelques mots sur la situation d’un étudiant d’échange. Bon. Je commançais par dire quelque chose sur les chocs culturels qu’on a en arrivant dans un pays nouveau, et je voudrais utiliser la phrase anglaise “stranger in a strange land”. Or, le mot “strange” peut être traduit en français ou par “étranger” ou par “étrange” - et je les mélais! Tout l’église s’a mit à rire quand je disais que j’étais “un étranger dans un pays étrange”!
Après le culte, il y avais même quelqu’un qui me demandait de donner des exemples. Je lui ai parlé des cendriers très usés et abordants avec un signe “Défence de fumer!”, que j’avais vus au Palais Universitaire.

L'anecdote de la semaine : Pas de roi, mais ...

En 1996, je faisais des études en France. Il y a dix ans déjà! Est-ce que c’est possible?
En “France propre” tous les facultés théologiques, écoles bibliques et séminaires sont organisés par une église ou quelque organisation chrétienne. Dans les écoles ou universités d’état, il n’y a pas d’enseignement réligieux, parce que le soi-disant “Code Napoléon”, qui sépare rigidement l’état des églises, est en force depuis 1906 (à peu près). À Strasbourg, la situation est differente, parce que l’Alsace-Lorraine faisait partie de l’Empire Allemande de 1870 à 1918 (sous le nom d’Elsass-Lothringen), et les lois allemandes de la liberté religieuse sont toujours valides là-bas. Absurde - comme pas mal de choses en France …
Je prenais partie de la programme d’échange Erasmus, et étudiais à la seule université d’état française qui a des facultés théologiques (il y en a pas une, mais deux; une catholique et une protestante, ou j‘étais, moi), c.-à-d. l’Université des Sciences Humaines de Strasbourg (USHS).
Au début, j’avais des problèmes et de langue et de gorge. J’avais une bonne connaissance passive de la langue française, mais il faudrait que je l’activais, ce qui prenais un peu de temps. Aussi, j’avais mal au gorge les premières trois semaines, car je n’avais pas l’habitude de dire mes “r” au gorge à la française.
Encore un problème pour moi, c’était les jeux de mots. Je ne peux pas les résister, n’importe en quelle langue je parle, mais au début je ne pourrais pas les faire marcher, et tout le monde me regardait toléramment. Frustrant! Même après quelque sémaines, quand je les férais marcher, mes jeux de mots, je voyais que mes copains me regardait en pensant: “C’est drôle, ce qu’il dit, mais je suis sûr que c’est un accident, car il ne parle pas trop de français…”
Par exemple, on m’a demandé si la Finlande est une monarchie, comme les autres pays nordiques. “Non”, disais-je, “elle est une république - il n’y a pas de roi, même s’il y a beaucoup de rennes!”

Baptiser des étrangers

L'Église Évangelique Luthérienne de la Finlande (EELF) est toujours basée sur l'idée que chaque membre devrait être citoyen finlandais ou, en tout cas, résident de la Finlande. Historiquement, cette idée etait née du fait que l'Église était une Église d'état, le roi étant son chef. Être citoyen, c'était être luthérien. Même les êtrangers étaient obligés de devenir luthériens s'ils voudraient résider en Suède (dont, à l'époque, la Finlande faisait une partie integrale).
La loi ecclésiastique de l'an 1869 (quand la Finlande était déjà une partie autonome de l'empire russe) a changé tout ça. Dans une Église d’état, c’est l’État qui décide ; l’Église est une branche de l’administration de l’État, comme en Danemark, par éxemple. En 1869, l’Église d’état finlandaise est devenue une soi-disant Église de peuple, où la grande majorité de la population était membres, mais qui était quand même autonome. En 1994, avec encore une nouvelle loi ecclésiastique, les liens entre l’EELF et l’État sont devenues encore moins strictes. L’Église et l’État ont toujours des interêts communs, mais ses rélations sont plutôt des rélations de partenariat que de pouvoir.
Ce qui veut dire que ceux qui crient que les liens entre “l’Église de l’état” et l’État soi-même devraient être coupés (comme aujourd‘hui-même les Verts), ne savont pas ce qu’il disont.
Cela dit, il y a quelques points qu’on devrait étudier plus prochement. La connection entre adhésion et citoyenneté est l’un d’eux.
Si quelqu’un, par la grace de Dieu, est devenu croyant et veut être baptisé, c’est le devoir d’une église chrétienne de baptiser cette personne, après instruction dans la foi chrétienne. En cela, nous suivrons le commandement de Jésus-Christ soi-même: “… de tout nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit” (Mt 28,19-20).
La citoyenneté, elle figure où dans tout cela ?
Normalement, il n’y a pas des problêmes pratiques avec ça, mais il y a des cas où ce principe crée beaucoup de douleur. En particulier, c'est le cas avec les demandeurs d’asile. Non seulement ils sont maltraités dans leur propre pays et forcés d’attendre un temps inhumaine en Finlande pour avoir un decision d’asile (qui normalement, en plus, est negatif) - l’Église aggrave la situation par son refus d’aider ces gens de tous ses moyens. Les cultes, la prière, la consolation … c’est bon, tout ça, mais si on devrait refuser la baptême à ces pauvres gens et leurs enfants, ça ne suffit pas !
Jésus dit: “… chaque fois que vous ne l’avez fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait“ (Mt 25,45). Malheur à nous !

Commentaire biblique : Job

Pendant ma lecture quotidienne de la Bible, je viens de finir le Livre de Job. Il y en a des points d’interêt, surtout la question de l‘énigme de la douleur.

L’ouvrage se divise nettement en cinq parties distinctes :

  1. Un prologue en prose, où le héros, Job, homme pieux et riche, est soudain frappé de calamités inexplicables, et cependant garde toute sa confiance dans le Seigneur.
  2. Un dialogue en vers, qui met aux prises Job, homme fier et révolté, et trois de ses amis - Elifaz de Témân, Bildad de Shouah, et Çofar de Naama - sages typiques de l’orient antique. Ce dialogue se poursuit de façon lente et sollennelle, au cours de trois séries de discours poétiques, encadrés par deux monologues du héros.
  3. Une série de discours en vers, qui représente l’intervention imprévue d’un quatrième ami ; Elihou, fils de Barakéel, le Bouzite.
  4. Un dialogue en vers, entre le Seigneur et Job.
  5. Un épilogue en prose, où le héros retrouve sa santé, sa richesse et sa réputation ainsi que des nouveaux enfants. Comme les patriarches, il meurt rassasié de jours.

Dans la deuxième partie, le poète jobien parle á l’humanité de tous les temps car non seulement il a affronté le scandale de l’existence et de la mort, mais il a encore dépeint l’homme de foi qui, dans son agonie, frôle le blasphème et recherche au même instant la présence d’un Dieu qui aime.
Les trois amis qui sont vénus pour lui consoler sont choqués : tout l’histoire de la théologie jusqu’au temps actuel était pleine de l’idée de la vengeance - un pêcheur sera puni, ou par l’homme, ou par Dieu. Si quelqu’un souffre, c’est à cause de ses transgressions ; si, par contre, quelqu’un ne souffre pas, il devrait être un homme juste. Je voudrais dire que les amis, Elifaz de Témân, Bildad de Shouah, et Çofar de Naama, sont des intégristes (ou, avec un terme anglisant, des fondamentalistes), qui veulent rester au seins des pensées théologiques de ses pères, même quand c’est évident que ces pensées ne fonctionnent pas dans un temps changeant.

Job affirme qu’il est innocent, et il parle les mots centrales pour nous, les Chrétiens (19.25-26) :

Je sais bien, moi, que mon rédempteur est vivant,
que le dernier, il surgira sur la poussière.
Et après qu’on aura détruit cette peau qui est la mienne,
c’est bien dans ma chair que je contemplerai Dieu.
C’est moi qui le contemplerai, oui, moi !
Mes yeux le verront, lui, et il ne sera pas étranger.
Mon coeur en brûle au fond de moi.

L'Église Phariséique Luthérienne de la Finlande

Les Pharisiens de l’Église Évangelique Luthérienne de la Finlande (EELF) protestont contre les positions plus durs contre les opponents des femmes-pasteurs proposés par un committé sous le présidence de l’évêque d’Espoo, Mikko Heikka. Les Pharisiens ont lancés un site sur le réseau Internet nommé ”Rakentavia ratkaisuja” (c.-à-d. ”Solutions constructives”; au-dessous ”RR”). L’un des Pharisiens les plus importants (ou, en tout cas, plus visibles) du diocèse de Porvoo, le curé Henrik Perret (candidat pour l’épiscopat), d’en parle dans son blog en le comparant avec le mouvement ”Tulkaa kaikki” (”Venez tous”; ”TK”).
Perret dit que RR a eu beaucoup plus de signatures dans beaucoup moins de temps que TK, et que le premier donc serai mieux que l’autre. Or, c’est un argument trop facile et superficiel. Les deux listes ne sont pas du même caractère. RR collectionne des signatures pour influencer les évêques, et TK veut éssayer d’activer les fidèles dans les élections paroissiales de l’automne prochain. En plus, on peut dire que TK parle pour une partie de l’église qui a déjà été éxilé par l’influence des Pharisiens – divorcés, concubins, homosexuels, tous ceux qui ne sont pas parfaits aux yeux de la Pouvoir Pharisienne. Donc, si on les a éxilé, il ne sont plus là pour signer rien…
Mais qu’est-ce que RR dit en soi-même?
Il y a dissension dans l’EELF en ce qui concerne la question des femmes-pasteurs. On dit qu’il n’y a pas question d’égalité, mais des interpretations bibliques. Je ne suis pas d’accord. Les questions bibliques étaient réglés déjà en 1986, et ce qui reste est la question d’égalité.
La Loi d’Égalité (Tasa-arvolaki) donne aux églises la liberté de regler ces questions internalement, parce que c’est un question de la liberté de la réligion. Bon. Mais c’est un question de la liberté de la réligion des églises, pas des individus! Les individus ont la liberté de choisir s’ils veut ou pas appartenir à une certaine église, mais en tant que membres de l’église, ils devraient suivre les régles de l’église – ou bien se rétirer!
L’idée d’avoir des ordinations spéciaux en dehors de la cathédrale (que propose RR) est, de mon avis, absurde. Traiter tous également est le seul moyen de garder l’unité du diocèse et de l’église.
Les forces derrière RR veulent préserver l’unité de l’EELF. Je croix qu’il vont obtenir l’inverse: Un unité formel, soit, mais une discorde internale de plus en plus grave, qui ne va pas finir dans la division de l’église, mais dans son explosion.
Quittez l’EELF maintenant et formez votre propre Église Phariséique Luthérienne de la Finlande, avant qu’il est trop tard pour rien sauver!